Avril marque le mois de la sensibilisation à l’autisme, une période cruciale pour porter un regard neuf sur la neurodiversité.

Une étiquette qui libère
Comme le souligne si bien l’autrice Mélissa Perron, elle-même autiste, il est important de comprendre que le diagnostic n’est pas une cage, mais plutôt une clé qui libère. C’est comme l’étiquette d’un vêtement précieux : si vous traitez de la soie comme du coton, vous allez l’abîmer. L’étiquette n’est pas là pour juger la qualité du tissu, mais pour nous donner son mode d’emploi. Pour la personne autiste, elle indique comment prendre soin de soi pour ne plus s’épuiser à essayer d’être comme les autres pour se faire accepter.
Comparons à un “equilazer”
Pour illustrer l’étendue du spectre autistique, la métaphore de l’égaliseur (ou table de mixage) est parfaite. En effet, l’autisme n’est vraiment pas une ligne droite allant de « léger » à « sévère ». C’est plutôt un ensemble de curseurs — communication verbale et non-verbale, interactions sociales, perception sensorielle, capacités cognitives et motrices, comportements et intérêts spécifiques — qui sont réglés différemment pour chaque personne. Une personne dite alliste (non autiste) aura tendance à avoir des curseurs réglés sur des modes standards. Chez une personne autiste, ces mêmes curseurs oscillent souvent entre les extrêmes — l’hyper ou l’hypo — créant un profil unique à chacun. Ces profils « en dents de scie » expliquent pourquoi deux personnes autistes ne se ressemblent jamais : chacune possède sa propre étiquette et son propre « mode d’emploi ».
Le défi pour notre société est maintenant de savoir s’accorder à ces mélodies particulières. Le véritable changement repose sur nous tous. L’inclusion ne doit pas être un effort unilatéral où seule la personne différente doit « s’ajuster ».
Le Parrainage civique et les personnes autistes
Au Parrainage civique, c’est justement en côtoyant la différence que nos bénévoles apprennent à ajuster leurs propres curseurs d’empathie et d’ouverture. L’objectif ultime ? Que nos communautés ne se contentent plus de tolérer ces fréquences singulières, mais qu’elles apprennent enfin à les intégrer pleinement dans notre grande partition collective.
